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Le Karakasa Kozō : l’ombrelle hantée de la Parade des Yōkais

Comment parler de Yōkais sans parler de Karakasa Kozō ? Tantôt Parapluie, tantôt ombrelle, ce monstre facétieux ne vous veut pas vraiment du mal mais une chose est sûre : il fait partie des chouchous du monde des Yōkaux. Préparez-vous à être charmé.e, si vous ne l’êtes pas déjà

Aux origines du Karakasa Kozō, il y avait…

Ce très mignon parapluie sauteur vous a peut-être déjà attrapé le regard au détour d’un dessin animé ou d’un jeu vidéo… En plus d’être très photogénique, le Karakasa Kozō – ou Karakasa Obake – possède un capital sympathie à la limite de l’indétrônable lorsque l’on parle de surnaturel japonais.

La première occurrence du Karakasa Kozō remonte à l’ère Muromachi (entre 1336 et 1573), sur un emaki (rouleau enluminé) : le Hyakki Yako Emaki. Il y exhibe (le coquin) ses caractéristiques : un parapluie ou une ombrelle aux attributs d’animal, en l’occurrence un œil et deux pattes – souvent des serres d’oiseaux.

Mais ce n’est qu’à l’époque Edo (entre 1600 et 1868) que celui-ci prend une forme bien plus proche de celle qu’on lui connaît aujourd’hui avec une jambe ou patte, deux bras humanoïde et un œil au milieu de sa toile.

Et si il y a peu de traces écrites et de légendes associées à ce Yōkai, il y a en conséquence peu de variantes. Une que l’on peut nommer est celle du Hone Karakasa, parapluie maltraité qui finit par prendre vie pour annoncer les jours de pluie telle la Pythie.

Une imagerie forte

Il est amusant de constater que malgré cette réputation internationale, c’est un Yōkai qui n’a jamais eu vraiment sa légende à lui. Et en conséquence, il y a peu de choses à dire en soi sur le Karakasa si ce n’est qu’il aime lécher des joues la nuit par surprise. C’est un farceur qui aime surprendre mais pas de crimes, pas de coups de couteau ou de spectacle oppressant pour ce Yōkai, il est beau joueur.

Lorsque l’on parle du Karakasa Kozō, on l’utilise bien plus souvent en tant qu’élément comique que véritable héros. Et pour cause, il s’exprime peu, a souvent un caractère enfantin et ne s’encombre pas de bonnes manières. Il paraît alors évident que ses caractéristiques font de lui un parfait clown et c’est un rôle qu’il tient avec plaisir. Du côté des jeux vidéo, on le voit un peu plus central dans le sens où il devient un ennemi mais on cherche encore le jeu où le Karakasa est le big boss…

Il porte plutôt à gauche ou à droite ?

Question légitime. Si monsieur n’a plus qu’une jambe, se tient-il sur sa jambe gauche ou sur sa jambe droite ? Aux termes de discussions très terre à terre sur les forums chiebukuro, le Japon a la réponse : on dirait bien que c’est la droite (merci à la position des doigts de pieds).

Et pour l’œil ? C’est plus compliqué. Pour le savoir d’une façon sûre, il vous faudrait attendre qu’il se frotte l’œil pour voir de quel main il se sert. Simple, efficace.

Les représentations du Karakasa Kozō

Multiples, nombreuses représentations : le parapluie fantôme est partout.

Il apparaît dès qu’on parle de Yōkai, et souvent en position de ressort comique. Il serait vain de vouloir faire le tour de toutes les apparitions du Karakasa Obake dans la pop culture mais nous avons relevé quelques occurrences… Intéressantes.

Dans les jeux vidéos de votre enfance, peut-être avez-vous aperçu ces petits parapluie ? Super Mario Land 2 ou encore Kirby Dreamland hébergeait ainsi des Karakasa ! (Même si la localisation est passée par là et qu’il a donc perdu son nom en passant). Ses apparitions dans le jeu vidéo sont très nombreuses etcomme souvent, Nioh figure dans la liste mais aussi Phoenix Wright, sous forme de clin d’œil.

Mais l’apparition qui est peut-être la plus étonnante, c’est sans doute sa présence parmi les Monster Girls. Ce type de kink met en scène des anthropomorphisations dont beaucoup tombent sous le spectre du folklore japonais. La Karakasa-Obake est donc une jeune fille nue, qui se tient sous une toile de parapluie avec une grande langue dont elle sait – visiblement – bien se servir. Vous trouverez tout dans l’encyclopédie des Monsters Girls, nous on en a assez dit.

Gegege no Kitaro version 6, par Shigeru Mizuki

Disponible sur Netflix au Japon et en simulcast chez Crunchyroll en France, la série Gege no Kitaro met en scène Kitaro (Kitaro le repoussant). Ce jeune garçon se bat contre et aux côtés des Yōkais dans notre monde contemporain. Très bonne porte d’entrée vers le monde des légendes japonaises, on ne saurait que vous recommander de jeter un œil à cette série toute mignonne qui se laisse regarder toute seule en plus d’être très pédagogique.

Ici aussi, le Karakasa Obake est un monstre facétieux et pas vraiment méchant malgré des armes honnêtes. On note surtout qu’il fait le même bruit que Teke-Teke dans les escaliers…

Bibliographie

Le Karakasa Kozō dans la pop culture

  • Dans Ragnarok Online, vous pouvez croiser un Karakasa dans la zone de monstres japonais et dans Yōkai Hyakkiya High School un karaoké met à l’honneur le Karakasa
  • Dans un épisode du sentai Samurai Sentai Shinkenger (侍戦隊シンケンジャー), un monstre du nom d’Ayakashi semble être le résultat de la fusion entre des stylos à plume et un Karakasa Obake
Capture par Kamioku

Le Karakasa ayant sa propre page sur TV Tropes, vous trouverez une liste détaillée de ces apparitions sur leur site.


Image d’en tête : 13,[[RH]] -Oboro- KARAKASA (Rez) – umbrella with eye and big tongue i like this dude par TORLEY

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